Et si le village d'Astérix était normand !

("Et pourquoi pas Corse ou Auvergnat pendant qu'on y est !!! " Marc PLANTIER)

Le village d'Astérix se situerait en Bretagne. A Erquy, plus précisément. A voir, rétorque Gilles Henry. Cet historien caennais propose une autre hypothèse. Qui transporte l'irréductible bourg gaulois dans le département de la Manche !

« Quand j'ai un sujet, je le ronge jusqu'au bout... comme Idéfix. » A hypothèse, hypothèse et demie, s'amuse Gilles Henry. L'historien caennais aime débusquer des liens, fussent-ils inconscients, entre un personnage, ou une situation, et un auteur. Il l'a fait pour Simenon et le commissaire Maigret, Alexandre Dumas et le comte de Monte-Cristo. Là, de façon plus ludique, il s'intéresse à la célèbre BD de Goscinny et Uderzo. Une déduction voudrait situer le village d'Astérix à Erquy. Le port des Côtes-d'Armor présente trois îlots rocheux, comme sur la carte de la page de garde des albums. Coïncidence suffisante ? « Non », répond Gilles Henry. « Certes, Uderzo a des souvenirs de vacances à Erquy. Mais, prudent, il ne confirme pas l'hypothèse. »

Le regretté Goscinny s'était, lui, contenté d'indiquer : « Le village peut se trouver n'importe où au bord de la mer, pour qu'Astérix parte plus facilement en voyage ». N'importe où, du moins entre Dieppe et Roscoff. C'est la partie de l'ancienne Gaule grossie par la loupe dessinée par Uderzo. On y distingue le village gaulois, entouré par les camps romains. « Sur les premières cartes figurait un autre ensemble de quatre rochers à la hauteur de Petibonum. Ces îlots ont disparu à partir du Grand Fossé, le premier album réalisé seul par Uderzo. » (?)

Pourquoi ? Seul l'intéressé pourrait répondre. Mais dès lors, l'hypothèse Erquy bat de l'aile. En plus, l'observation de la carte ne permet pas de situer le village aussi loin à l'ouest. « Le promontoire évoque plutôt le cap de la Hague, en tout cas le Cotentin. »

« Astérix, c'est la bataille contre les Romains », rappelle Gilles Henry. « Dans La Guerre des Gaules, Jules César décrit deux révoltes qui nous intéressent : celle des Vénètes (habitants de Vannes), qui fut un combat uniquement naval ; puis celle des Normands commandés par Viridorix, chef des Unelles du Cotentin. »

Par recoupement, il est tout à fait plausible que l'endroit de la bataille soit le Petit-Celland, près d'Avranches. De ce fait, le nom de notre Gaulois national « pourrait provenir de deux toponymes de cette région, Astériac, l'actuel Beauvoir (1), tout près du Mont-Saint-Michel et Vernix, villages séparés de quelques kilomètres. Ça n'est bien sûr qu'une hypothèse. » Mais elle en vaut bien d'autres, par Toutatis !

(1) Gilles Henry présente son hypothèse dans un ouvrage, très sérieux, « Le Mont-Saint-Michel. Histoire de la merveille de l'Occident » (Ed. France-Empire).

Xavier ALEXANDRE.

Article recopié à partir du site Internet de Ouest-France.